Samedi 25 avril 2009
Jérôme Kerviel, le trader accusé d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société générale, aurait investi 800 milliards d'euros entre 2005 et 2007 (achats et ventes), selon son nouvel avocat Olivier Metzner, pour qui ces dérives ne pouvaient pas passer inaperçues de l'"employeur" : "C'est deux fois le budget de la France et 120 fois le budget du ministère de la justice ! A moins d'être non-voyant, on ne peut pas ne pas le voir", relève Me Metzner qui, jeudi 23 avril, a remis au parquet de Paris une note qui se veut "cinglante" envers la Société générale.

La direction de la la banque "conteste" toutefois que les investissements de son ex-trader aient été "à un quelconque moment de 800 milliards d'euros" : "les investigations de la police et des juges ont démontré que l'exposition maximum a été de 48 milliards d'euros en janvier 2008", assure-t-elle.

Jérôme Kerviel compte sur l'arrivée de Me Metzner pour changer le cours de l'instruction. Celle-ci est officiellement close depuis janvier mais la défense du trader et celle de la banque, partie civile dans ce dossier, ont jusqu'au 26 avril pour réclamer d'éventuels actes d'enquête complémentaires.


Dans l'acte officiel remis au Parquet, et dont Le Monde a eu copie, Me Metzner (conseil de patrons du CAC40 mais aussi du chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat) demande aux juges d'instruction, Renaud Van Ruymbecke et Françoise Desset, la production de pièces complémentaires et surtout "une expertise, pour connaître la visibilité qu'avait la Société générale sur l'ensemble des opérations réelles ou fictives de Jérôme Kerviel et leur répercussion sur la trésorerie de la banque et ses ratios prudentiels". Si les ratios ne sont pas respectés, ils peuvent alerter la Commission bancaire.


RÉORIENTER LA DÉFENSE DU TRADER


Me Metzner veut réorienter la défense du trader, qu'il jugeait inaboutie, sur la faute de la Société générale. "L'instruction se termine sur un postulat simple mais erroné", que M. Kerviel aurait abusé la confiance de la Société générale, indique-t-il dans sa note.


L'avocat ne disculpe pas le trader mais il veut démontrer que ce qu'il a fait était parfaitement visible. Il relève ainsi que la base informatique de la Société générale, Eliot, compilait "de façon très visible les opérations de Jérôme Kerviel, qu'elles soient réelles ou fictives, tant en volume qu'en écart".

L'avocat met en évidence deux opérations fictives qu'a effectuées M. Kerviel. L'une, du 3 octobre 2007, concerne un ordre sur 30 millions de titres Deutsche Bank, soit 5 % du capital de la principale banque d'Allemagne. L'autre, de janvier 2008, porte sur l'achat, fictif lui aussi, de 15 % du capital du groupe Porsche.

Pour Me Metzner, des opérations aussi gigantesques obligent à honorer des appels de marges envers les vendeurs. Or, rien n'a été réclamé à la Générale. "C'est incohérent", dit-il, et la banque aurait dû s'en inquiéter.

En outre, fin 2007, Jérôme Kerviel n'avait pas perdu d'argent mais avait, au contraire, fait gagner à la banque 1,4 milliard d'euros. Le trader l'avait caché à sa hiérarchie, car l'énormité de cette somme trahissait le fait qu'il avait dépassé les limites autorisées. Mais, souligne l'avocat, ce montant a été encaissé par la banque et figurait dans sa trésorerie. "Si demain j'ai 1,4 milliard sur mon compte, je me réjouis mais je me demande surtout d'où ça vient", ironise-t-il.


A la découverte des faits par la Société générale, l'avocat rappelle, enfin, que le supérieur de Jérôme Kerviel lui a dit : "Si tu as gagné 1,4 milliard, ce sera difficile que tu continues à travailler à la Société générale, mais (…) tu es un bon trader (…). Ce que tu as fait c'est emmerdant mais ce n'est pas grave."

Il semble peu probable que la demande d'expertise de Me Metzner, qui prolongerait l'instruction, soit acceptée. La Société générale estime pour sa part que "cette nouvelle démarche apparaît, à l'évidence, destinée à gagner du temps". Faute d'éléments nouveaux, les juges souhaiteraient clore l'affaire au plus vite.

En cas de refus, les choses iront vite : le parquet prendra ses réquisitions et les juges rendront leur ordonnance de renvoi devant le tribunal. M. Kerviel risque jusqu'à cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende.

Claire Gatinois et Anne Michel
Source : lemonde.fr
Par David CASTET-BELLOCQ - Publié dans : Actualités
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Jeudi 23 avril 2009
La banque franco-belge Dexia, qui a été sauvée de la faillite par les Etats français et belge, a versé au total 8 millions d'euros de bonus à ses cadres dirigeants français en 2008, selon le quotidien "Libération".


La banque franco-belge Dexia, qui a été sauvée de la faillite par les Etats français et belge en septembre 2008 grâce à l'injection de 6,4 milliards d'euros, refait parler d'elle.

Selon des informations de « Libération » du jeudi 22 avril, l'enveloppe allouée aux bonus pour la partie française de l'entreprise, Dexia Crédit local, atteint 8 millions d'euros, « principalement versés au top management ». Le chiffre de 8 millions d'euros a été lâché par la direction aux élus du personnel, affirme le quotidien, même si un porte-parole de la banque ne reconnaît qu'une enveloppe de 6,1 millions d'euros.


La société a confirmé partiellement l'information publiée par Libération, mais assure qu'elle était déjà publique, qu'aucun dirigeant n'est concerné et qu'il ne s'agit que de gratifications versées au titre d'obligations contractuelles.

"Aucun membre des comités de direction du groupe, y compris au sein de Dexia Crédit local, n'a bénéficié d'éléments de rémunération variable au titre de 2008", a déclaré un porte-parole.

Comme annoncé le 25 janvier dernier, certains cadres ont néanmoins touché un bonus au titre de leur rémunération contractuelle mais l'enveloppe a été réduite de 50% et 765 cadres en ont bénéficié au sein de Dexia Crédit local sur un effectif de 1.400 salariés".


Sur France 2, le ministre de la Relance UMP Patrick Devedjian a jugé "inacceptable" que la banque distribue de telles sommes s'il s'agit bien de bonus, tout en précisant qu'il fallait vérifier l'information.

« Libération » révèle par ailleurs que le nouveau patron de la banque, Pierre Mariani, « s'est octroyé un salaire fixe en hausse de 30% » par rapport à son prédécesseur Axel Miller. Son salaire annuel fixe s'élèverait ainsi à un million d'euro, et son bonus limité à 2,25 millions d'euros, contre 1,8 million pour son prédécesseur.

C'est le comité des rémunérations de Dexia, composé entre autres de Denis Kessler, ex-numéro deux du Medef, et d'Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des Dépôts, qui a fait ces propositions, indique « Libération », « sans les justifier », précise le quotidien.


François Fillon avait mis en garde, hier sur France Inter, contre des cas « choquants » de rémunération des patrons qui peuvent « attiser la violence » et conduire à « des comportements dangereux pour l'économie française toute entière ».

Le Premier ministre était notamment interrogé sur le cas de l'ex-patron de la banque franco-belge Dexia, Axel Miller, parti avec une indemnité de 825.000 euros malgré son engagement à ne rien percevoir.

François Fillon avait également exhorté le nouveau comité d'éthique du Medef, mis en place sous la pression de l'exécutif, de se saisir des abus les plus flagrants.

Source : Lexpress.fr

Par David CASTET-BELLOCQ - Publié dans : Actualités
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Jeudi 23 avril 2009
Alors que le chômage des jeunes a bondi de 32 % en un an, le plan d'urgence que Nicolas Sarkozy présentera, vendredi 24 avril, devrait représenter environ 1 milliard d'euros. L'essentiel du financement sera apporté par l'Etat via le Fonds d'investissement social, crée en février pour accélérer la formationprofessionnelle. Les régions et les partenaires sociaux seront aussimis à contribution mais dans desproportions moindres.

Le plan concernera tous les jeunes mais sera surtout ciblé sur ceux qui sortent du système scolaire sans qualification. Il utilisera les outils existants et consensuels tels le contrat de professionnalisation ou les contrats aidés. Les mésaventures des précédents gouvernements (Balladur et Villepin) qui avaient cherché à concevoir des contrats spéciaux du type CIP ou CPE ont servi de leçon.


Pour ne pas se limiter à des mesures purement conjoncturelles, le gouvernement veut inciter les secteurs qui manquent de main-d'oeuvre à s'engager dans la formation des jeunes, avec l'aide de l'Etat. Un moment évoqué, l'idée que les entreprises puissent rembourser cette aide lorsque la croissance sera revenue a été abandonnée. Le Medef était vent debout contre l'idée que le gouvernement puisse raboter les allégements de charges dont bénéficient les entreprises.

Parmi les outils que souhaite valoriser le gouvernement figure le contrat de professionnalisation né en 2004. Ce dispositif permet à unjeune de 16 à 25 ans (et à des demandeurs d'emploi de 26 ans et plus) d'alterner formation pratique en entreprise et formation théorique dans un organisme pour deux ans maximum,un gros avantage par rapport aux contrats aidés classiques, généralement pauvres en formation. Il concerne le plus souvent des jeunes de 18-22 ans qui préparent un bac professionnel ou un BTS. Il concerne 216 000 jeunes. M. Sarkozy a récemment indiqué qu'il souhaitait doubler le nombre de jeunes en alternance, moyennant une aide accrue de l'Etat.


Une autre partie du dispositif relèvera davantage du traitement social du chômage. Le gouvernement devrait développer les "contrats initiative emploi" dans le secteur public et privé. Il envisage des formations " éclair ", de six à douze mois, très qualifiantes, et des stages intenses afin d'orienter les jeunes vers des secteurs où les forces manquent cruellement. Quant aux jeunes les plus menacés, ceux qui sortiront en juin du système éducatif sans diplôme, ils seront accompagnés le plus vite possible.


Benoît Floc'h
Source : lemonde.fr
Par David CASTET-BELLOCQ - Publié dans : Actualités
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Dimanche 19 avril 2009

Avec la crise, les Etats-Unis seraient-ils tentés de refermer leurs frontières aux travailleurs immigrés ? Dans la finance, l'un des secteurs les plus affectés, la réponse est oui.

Le plan d'aide aux banques, le Trouble Asset Relief Program (TARP), mis en place par l'Etat - il a permis de renflouer de plusieurs centaines de milliards de dollars les établissements en difficultés -, impose en effet à ces derniers de restreindre les embauches de personnels étrangers. Les visas H1B, que les banques délivrent traditionnellement aux étudiants français, indiens, mexicains ou britanniques formés dans les meilleures universités américaines, seront restreints. Autrement dit, "les banques vont devoir réexpédier outre-Atlantique certains jeunes recrutés pour être en conformité avec la loi", résume le Wall Street Journal du 15 avril.

 

Certes, la mesure ne devrait concerner que 3 % des effectifs chez JP Morgan ou 1 % chez Citigroup. Et les banques pourront encore recruter des étrangers dans leurs bureaux situés hors des Etats-Unis. Mais pour l'image d'un pays considéré comme une terre d'accueil et de mixité, le symbole est fort. Pour Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, elle s'apparente à du "protectionnisme autodestructeur". "C'est une très mauvaise idée", juge aussi Thomas Philippon, professeur de finance à l'université Stern de New York. Selon lui, cette clause "populiste" du TARP a sans doute été imposée par les sénateurs du Congrès.

 

"UNE PORTE SE FERME"

Pour de nombreux Américains, l'aide publique aux banques de Wall Street, jugées responsables de la récession qui frappe le pays, est indécente. Qu'elle contribue à donner du travail à des non-Américains, l'est encore plus. Le chômage, qui frappe aujourd'hui 8,5 % de la population active, s'accompagne d'un sentiment parfois nationaliste. "Le fait que les immigrés soient diplômés ne signifie pas qu'ils sont bons pour l'Amérique", rapporte ainsi Mary J., sur le site du New York Times au sujet du recrutement de travailleurs étrangers. "Notre pays est une nation, ce n'est pas une "économie" et encore moins un bureau de bienfaisance" pour les travailleurs du monde entier, poursuit-elle.

Pour tous les "matheux" français de la finance, issus des grandes écoles, que les établissements les plus prestigieux de Wall Street s'arrachaient jusqu'ici, cette mesure est un "coup de plus", commente Cécile Kharoubi"L'ambiance est déjà tellement morose pour les étudiants", ajoute-t-elle. professeur de finance à l'ESCP-EAP.

"Une porte se ferme, mais de façon temporaire", tempère toutefois David Treussard, directeur au cabinet de recrutement Michael Page à New York. Selon lui, en dépit de cette mesure, "les Etats-Unis restent et resteront une terre d'accueil".

Claire Gatinois
Source : lemonde.fr
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Vendredi 17 avril 2009

Le directeur général de L'Oréal, Jean-Paul Agon, a renoncé à ses stocks-options pour 2009, a indiqué le numéro un mondial des cosmétiques, jeudi 17 avril, à l'issue de son assemblée générale.

Cette décision a été dévoilée par Lindsay Owen-Jones, le président du conseil d'administration, a précisé un porte-parole du groupe à l'issue de l'AG ouverte aux seuls actionnaires. Alors que le bénéfice du groupe a stagné en 2008, la rémunération totale due à Jean-Paul Agon s'élève à 3,53 millions d'euros pour cet exercice, ce qui en fait un des plus gros salaires des patrons du CAC 40. Par ailleurs, pour fidéliser ses actionnaires, L'Oréal a fait voter une règle de majoration du dividende versé à ceux présents à son capital depuis au moins deux ans.


Une stock-option est un droit, attribué généralement à un dirigeant ou un cadre supérieur, d'acquérir une action de son entreprise à un cours déterminé et dans un délai donné. Elle lui permet d'engranger des gains si le cours de Bourse de l'entreprise a grimpé, sans perdre d'argent s'il a reculé.

 

Source : Lemonde.fr

Par David CASTET-BELLOCQ - Publié dans : Actualités
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